Rechercher dans ce blog

08 avril 2026

Claude Cowork sans mémoire : le système simple que j’ai construit pour corriger ça

Pendant plusieurs jours, j'ai utilisé Claude Cowork pour configurer des agents OpenClaw. Un chantier sérieux, qui ne se règle pas en une session. À chaque compression de l'historique, Cowork perdait les réglages qu'on avait posés ensemble, et recommençait à me redemander des informations qu'il avait pourtant vues passer quelques heures plus tôt. Je remontais dans le chat, je retrouvais la réponse, je la recollais. Puis ça recompressait, et ça repartait.

Si vous utilisez Cowork tous les jours sur des sujets qui s'étalent, vous connaissez cette sensation. Elle a un coût : le temps passé à réexpliquer, le ton juste qu'il faut retrouver, les nuances qui s'évaporent. Et cette fatigue particulière du professionnel qui a l'impression de parler à quelqu'un d'amnésique.

Ce n'est pas un bug. Les mécanismes de mémoire natifs existent côté Claude, et ils fonctionnent pour certains usages. Mais dans mon usage professionnel de Cowork, ils ne suffisent pas quand je cherche du contrôle, de la continuité projet, et la possibilité d'auditer ce que l'outil garde ou oublie.

Mémoire effacée

Périmètre de ce retour d'expérience : je parle ici de Claude Cowork, en avril 2026, dans mon usage professionnel quotidien. Il existe par ailleurs d'autres mécanismes côté Claude Projects, Claude Code, extensions desktop. Je ne les compare pas ici. Je raconte ce que j'ai construit pour mon besoin Cowork, après avoir testé ce qui existait.

Trois pertes que j'ai observée

Quand on dit « Cowork oublie », on mélange en réalité trois phénomènes distincts. Il faut les nommer pour pouvoir les traiter.

La compression intra-session. Dans mes sessions, au bout d'une heure environ, j'ai observé que Cowork commence à résumer silencieusement le début de la conversation. Les détails fins disparaissent. Vous posez une question de précision sur un point discuté en début de session, la réponse est approximative. Pas fausse. Juste floue.

L'étanchéité entre chats. Chaque nouveau chat est une île. Rien de ce que vous avez dit ailleurs ne traverse. Aucune préférence, aucun contexte, aucune décision. Vous recommencez à zéro à chaque clic sur « nouvelle conversation ». Et surtout : impossible de lancer un nouveau chat en gardant le lien avec le précédent. Ce qui m'oblige, en pratique, à faire des copiers-collers massifs d'un chat à l'autre. Peu pratique.

La rupture sur les projets longs. Les deux précédents se combinent pour produire une troisième perte, la plus coûteuse. Un projet qui s'étale sur plusieurs jours ou plusieurs semaines (un dossier client, une transformation, un chantier éditorial) devient ingérable. Vous passez une part croissante de votre temps à reconstruire le contexte au lieu d'avancer.

Dans mon cas, concrètement, je perds plusieurs heures par mois à reconstituer la mémoire d'un projet. Pire : quand je sens que je vais devoir repartir de zéro, je me force à rester dans le même chat pour ne pas perdre le contexte, alors que le nouveau sujet mériterait d'ouvrir une autre conversation. Résultat, le chat devient illisible, long, et lent. Je paie en performance ce que je gagne en continuité. Mauvais deal.

Ce n'est pas un problème d'outil, c'est un problème d'architecture

Cowork n'est pas mal fait. Il fait ce qu'on lui a demandé de faire : une conversation. Le problème, c'est qu'on l'utilise pour autre chose. Pour piloter des projets qui ont leur propre temporalité, leur propre mémoire, leurs propres règles.

Demander à une conversation d'être un système de gestion de projet, c'est une erreur de casting. La bonne question n'est donc pas « comment rendre Cowork moins oublieux ? ». C'est : comment lui donner une prothèse mémoire dont il puisse se servir à la demande ?

Architecture et options

Les options sur la table

Avant de construire quoi que ce soit, j'ai fait l'inventaire. Voici ce que j'ai envisagé.

Option 1. Ne rien faire et tout mettre dans un seul chat géant. La réponse naïve. Celle que je pratiquais par défaut, à contrecœur. Elle bute sur la compression native : au bout d'une heure, vous payez en tokens sans récupérer la mémoire perdue. Et le chat devient lent et illisible, comme je le décrivais plus haut. Fausse solution.

Option 2. La mémoire native de Cowork. Elle existe, elle est activable dans les paramètres. Elle fonctionne, jusqu'à un certain point. Mais sur mon usage, je ne contrôle ni ce qu'elle garde, ni ce qu'elle oublie, ni comment elle indexe. Dans mon usage, pas assez contrôlable ni assez portable pour un besoin professionnel.

Option 3. Un plugin externe trouvé dans une vidéo YouTube. Une vidéo est tombée par hasard dans mon fil d'actualité, présentant un « KIT MÉMOIRE » basé sur Obsidian, distribué via une communauté en ligne. J'ai fait le lien immédiat avec ma douleur. Mais avant d'installer quoi que ce soit, j'ai voulu en discuter avec Cowork pour évaluer si c'était vraiment la meilleure solution pour mon cas. Deux choses m'ont arrêté. D'abord, le plugin n'est pas open source : on télécharge un zip depuis une communauté tierce, sans pouvoir auditer le code ni savoir précisément ce qu'il fait. Ensuite, il embarque une dépendance à Obsidian, donc un deuxième outil à installer, apprendre, maintenir. Pour qui voulait une solution simple et sous contrôle, c'était trop.

Option 4. Une base vectorielle (RAG). La solution élégante sur le papier : indexer toutes les conversations passées, faire de la recherche sémantique. Mais l'installation est lourde, la maintenance réelle, et franchement surdimensionnée pour mes trente premières archives. On verra plus tard.

Option 5. Un système maison en markdown, packagé en plugin Cowork. Fichiers texte bruts, structure minimale, règles explicites. Rien à installer d'autre que Cowork lui même. Transparent, versionnable, portable. Exploitable durablement, même hors Cowork, car fondé sur des fichiers markdown simples.

C'est cette cinquième option que j'ai retenue.

Abandon du plugin extern

Il y a une décision qui mérite d'être racontée. Au départ, je voulais juste installer un plugin existant, gagner du temps, passer à autre chose. C'est en discutant avec Claude Cowork lui même, pendant la phase d'évaluation, que j'ai changé d'avis.

Deux arguments ont fait basculer.

Le premier : le coût caché d'une dépendance opaque. Installer un plugin qu'on ne comprend pas, c'est accepter qu'il casse un jour sans qu'on sache pourquoi. C'est aussi accepter que vos données structurées (vos archives de travail) vivent dans un format qui n'est pas le vôtre.

Le second : la complexité réelle du besoin. En décomposant ce que je voulais vraiment (un dossier, des fichiers markdown, deux commandes, des règles de style) j'ai vu que le travail tenait dans une après midi. Construire devenait plus rapide que comprendre le plugin de quelqu'un d'autre.

Avec le recul, c’est probablement là que j’aurais dû commencer.

J’ai donc arrêté de chercher plus loin. Je l’ai construit avec l'aide de Cowork.

Construction sur mesure

Comment on a procédé

Le REX tient en six étapes.

1. Un dossier dédié sur le Mac. ~/Documents/perso/memoire-claude. Trois fichiers dedans : CLAUDE.md (les règles), index.md (le sommaire des archives), README.md (la doc). Un sous dossier archives/ accueille une note markdown par conversation archivée.

2. Des règles claires dans CLAUDE.md. La routine de démarrage. La définition de deux commandes conventionnelles : /archive (sauvegarder la conversation en cours) et /recall [sujet] (retrouver un contexte passé). Les préférences de style qui doivent survivre entre sessions : concision d'abord, pas de livrable final sans validation, prose naturelle.

3. Un premier test manuel. Monter le dossier dans Cowork, archiver une conversation, relire l'archive. Ça marche. Mais ça ne marche que dans ce chat là, parce que le dossier est explicitement sélectionné.

4. Un faux départ. J'ai voulu transformer les règles en skill utilisateur, posé dans ~/.claude/skills/. Cowork ne l'a pas chargé. J'ai cherché un moment ce que j'avais mal fait : mauvais chemin ? mauvais format ? bug de packaging ? En fait, ce n'est tout simplement pas ce chemin là que Cowork scanne pour les skills utilisateur. Première leçon : même sur les outils récents, il faut vérifier, pas supposer.

5. Le pivot vers un plugin Cowork. Cowork supporte les plugins distribuables au format .plugin (un zip avec une structure standardisée). J'ai packagé les règles et le skill associé dans un plugin memoire.plugin. Installation en un clic. Disponible dans tous les chats, partout.

6. La validation end to end. Nouveau chat, aucun dossier sélectionné. Je tape « recharge la mémoire ». Le plugin se déclenche, monte automatiquement le dossier, lit l'index, confirme. Je tape /archive. Il résume la conversation, crée la note, met à jour l'index. Chez moi en quelques secondes dans la plupart des cas.

Six étapes, une après midi. Une dépendance à Cowork, zéro à Obsidian, à un kit externe ou à un service tiers.

Ce que ça ne fait pas

Soyons honnête. Ce système a des limites assumées, qu'il faut connaître avant de l'adopter.

Il ne recharge pas tout seul. Il faut une phrase déclencheur au début du chat : « recharge la mémoire », /recall, ou similaire. Sans ça, Cowork repart à blanc.

Les archives sont des résumés, pas du verbatim. C'est Claude qui synthétise la conversation avant de l'écrire. Ce qui lui paraît secondaire peut disparaître. Pour du verbatim intégral, il faudrait un autre mécanisme.

La recherche se fait par mots clés dans l'index. Pas de recherche sémantique. Ça suffit à trente ou cent archives. Au delà, il faudra passer à une base vectorielle.

Pas de verrou multi session. Si vous avez deux chats Cowork ouverts simultanément qui écrivent dans le même index, l'un peut écraser l'autre.

Aucune de ces limites n'est bloquante dans mon usage quotidien. Toutes doivent être connues.

Question à vous poser avant d'utiliser un tel plugin

Cowork n'oublie pas par malveillance. Il oublie parce que personne ne lui a donné d'endroit où retenir. Cet endroit n'a rien de magique : un dossier, quelques fichiers, des règles explicites. Ce qui compte, c'est que ce soit votre dossier, vos règles, votre format. Pas ceux d'un prestataire externe.

Posez vous la question : combien de temps perdez vous, chaque semaine, à reconstruire un contexte que vous auriez pu archiver en une ligne ?

Pour aller plus loin

Si vous voulez le plugin memoire.plugin pour le tester dans votre propre Cowork, envoyez moi un message sur LinkedIn. Je vous transmets le fichier et les instructions d'installation.

Et si le sujet vous intéresse plus largement (structurer ses workflows avec l'IA, fiabiliser son usage de Claude, construire des outils internes sur mesure) Knowledge Ladder Academy propose des formations dédiées aux professionnels IT qui veulent dépasser l'usage conversationnel de l'IA et passer à l'industrialisation. Découvrir le catalogue des formations KLA.

13 février 2026

Les moyens pour financer sa formation en France : guide complet 2026

Les moyens pour financer sa formation en France : guide complet 2026


Les moyens pour financer sa formation en France : guide complet 2026

Vous souhaitez développer vos compétences mais vous vous demandez comment financer votre formation professionnelle ? Vous n’êtes pas seul. En France, de nombreuses solutions existent pour prendre en charge tout ou partie de vos coûts de formation. Ce guide vous présente les principales aides disponibles et vous explique comment Knowledge Ladder Academy peut vous accompagner dans vos démarches.

Pourquoi investir dans sa formation professionnelle ?

La formation continue est devenue essentielle dans un marché du travail en constante évolution. Les compétences se déprécient rapidement et les entreprises recherchent des collaborateurs capables de s’adapter aux nouvelles technologies et méthodes de travail. Investir dans sa formation, c’est investir dans son employabilité et son avenir professionnel.

Les bénéfices pour votre carrière

Suivre une formation professionnelle vous permet d’acquérir de nouvelles compétences recherchées par les employeurs. Que ce soit pour évoluer au sein de votre entreprise, changer de poste ou négocier une augmentation, votre valeur sur le marché du travail augmente considérablement. Les certifications obtenues constituent un atout majeur sur votre CV et renforcent votre crédibilité professionnelle.

L’importance de la formation continue en 2026

En 2026, la transformation numérique s’accélère dans tous les secteurs. Les compétences liées à l’agilité, à la gestion de projet et à l’intelligence artificielle sont particulièrement recherchées. Les entreprises qui investissent dans la montée en compétences de leurs équipes sont plus compétitives et plus résilientes face aux changements du marché.

Knowledge Ladder Academy : un organisme de formation certifié Qualiopi

Knowledge Ladder Academy (KLA) est un organisme de formation professionnel spécialisé en agilité, gestion de projet et leadership. Déclaré sous le Numéro de Déclaration d’Activité (NDA) et certifié Qualiopi, KLA répond aux exigences qualité demanded par les financeurs institutionnels.

Qualiopi : la certification qualité des organismes de formation

La certification Qualiopi, délivrée par un organisme accrédité par le COFRAC, atteste que KLA respecte les critères qualité du Référentiel National Qualité. Cette certification est indispensable pour prétendre aux financements publics et mutualisés (OPCO, entreprises, régions, État).

Des formations de qualité, pas encore accessibles via le CPF

À ce jour, les formations de Knowledge Ladder Academy ne sont pas encore référencées au Compte Personnel de Formation (CPF). Cependant, KLA accompagne ses apprenants dans leurs démarches de financement auprès d’autres dispositifs.

Les OPCO : les partenaires financiers de votre entreprise

Les Opérateurs de Compétences (OPCO) prennent en charge les formations des salariés dans le cadre du plan de développement des compétences de leur entreprise. Chaque OPCO est spécialisé dans un secteur d’activité précis.

Quels sont les principaux OPCO ?

En France, onze OPCO sectoriels couvrent l’ensemble des entreprises : l’OPCO EP pour les entreprises de propreté, l’OPCO AFDAS pour la culture et les médias, l’OPCO Entreprises de Proximité pour le commerce et l’artisanat, et bien d’autres. Chaque OPCO définit les critères de prise en charge et les montants remboursables pour les formations de son secteur.

Comment bénéficier d’une prise en charge OPCO ?

Pour obtenir un financement OPCO, votre entreprise doit être à jour de ses cotisations et la formation doit correspondre aux priorités définies par votre OPCO. Knowledge Ladder Academy vous accompagne dans vos démarches de financement en vous aidant à constituer votre dossier de prise en charge.

Transitions Pro : pour les projets de reconversion

Si vous envisagez une reconversion professionnelle, Transitions Pro peut financer votre formation à hauteur de 100% sous certaines conditions. Ce dispositif s’adresse aux salariés en projet de transition professionnelle et aux demandeurs d’emploi engagés dans une démarche de reconversion.

Les conditions d’éligibilité concernent principalement la pertinence du projet professionnel et la cohérence avec les besoins du marché du travail local. Un accompagnement par un conseiller en évolution professionnelle est généralement requis avant de déposer votre dossier.

Les aides régionales pour les publics prioritaires

Les Régions proposent des dispositifs d’aide financière pour les demandeurs d’emploi, les jeunes sans qualification et les salariés en situation de difficulté. Ces aides complètent les dispositifs nationaux et permettent de financer des formations dans des secteurs identifiés comme prioritaires sur le territoire.

Renseignez-vous auprès de votre Région pour connaître les aides disponibles et les conditions d’accès. Knowledge Ladder Academy peut vous orienter vers les dispositifs adaptés à votre situation.

Le plan de développement des compétences de votre entreprise

Votre employeur dispose d’un budget formation qu’il doit consacrer au développement des compétences de ses collaborateurs. Ce plan de développement des compétences inclut les formations obligatoires et les formations décidées par l’employeur pour adapter les salariés à leurs évolutions de poste.

Pour bénéficier de ce financement formation entreprise, adressez-vous à votre manager ou au service formation de votre entreprise. Knowledge Ladder Academy travaille avec de nombreuses entreprises et peut intervenir directement dans le cadre de leurs plans de formation.

Knowledge Ladder Academy : votre partenaire pour financer votre formation

Knowledge Ladder Academy (KLA) vous accompagne dans toutes les étapes de votre projet de formation professionnelle. Notre équipe experte vous aide à identifier les financements auxquels vous avez droit et à monter votre dossier de prise en charge.

Nos formations certifiantes en agilité et management

KLA propose des formations professionnelles certifiées par les organismes internationaux :

  • Scrum : Scrum Master (PSM1), Product Owner (PSPO1)
  • SAFe : Leading SAFe, SAFe Scrum Master, SAFe Release Train Engineer
  • Gestion de projet : PMP, PRINCE2 Foundation
  • Leadership agile : Professional Agile Leadership

Un accompagnement personnalisé dans vos démarches

Nos conseillers vous accompagnent de A à Z :

  1. Analyse de votre projet professionnel et de vos besoins en compétences
  2. Identification des financements accessibles selon votre situation (OPCO, Transitions Pro, Région, entreprise)
  3. Constitution et suivi de votre dossier de prise en charge
  4. Inscription et suivi administratif

FAQ : les questions fréquentes sur le financement de la formation

Puis-je cumuler plusieurs financements ?

Oui, vous pouvez cumuler différents dispositifs de financement. Par exemple, utiliser vos droits CPF pour une partie de la formation (si éligible) et demander un complément à votre OPCO. Notre équipe vous aide à optimiser le montage financier de votre projet.

KLA est-elle éligible au CPF ?

À ce jour, les formations de Knowledge Ladder Academy ne sont pas encore référencées au CPF. Cependant, nos formations sont éligibles aux financements OPCO, Transitions Pro, Région et entreprise grâce à notre certification Qualiopi.

Quelles formations sont prises en charge à 100% ?

Les formations certifiantes peuvent être prises en charge à 100% selon les dispositifs. Transitions Pro peut financer intégralement votre formation sous conditions de ressources. Les OPCO prennent en charge selon leurs barèmes propres.

Combien de temps faut-il pour obtenir un financement ?

Les délais varient selon les dispositifs. Les OPCO prennent généralement 2 à 4 semaines. Transitions Pro peut nécessiter 1 à 3 mois. Anticipez vos démarches si vous avez des délais serrés.

Votre prochaine étape : consultez notre catalogue

Découvrez l’ensemble de nos formations certifiantes et leurs modalités de financement en consultant notre catalogue :

Voir le catalogue de formations Knowledge Ladder Academy

Nos conseillers sont disponibles pour vous aider à construire votre projet de formation et à identifier les financements adaptés à votre situation. Grâce à notre certification Qualiopi, vos formations peuvent être prises en charge par les OPCO, les entreprises et les dispositifs publics.

29 décembre 2025

(8/8) Entre autonomie et discipline : quel modèle d'organisation pour votre agilité à l'échelle ?


 

Série "Ce que les colonies de fourmis enseignent à l'agilité" - Article final


Depuis 7 articles, on a exploré les fourmis. Mais la vraie question n'est pas "faut-il copier les fourmis ?".

C'est : "Comment construire une organisation qui fonctionne à l'échelle ?"

Vous avez 70 personnes, 150 personnes, 200 personnes. Réparties sur plusieurs pays. Qui doivent livrer ensemble. S'aligner. Collaborer.

Les fourmis n'ont pas de recette magique. Elles ont des principes mécaniques.

Nous non plus, on n'a pas de recette. Mais on a des leviers.

La question n'est pas "autonomie OU discipline". C'est "quel dosage pour votre contexte ?"

28 décembre 2025

(7/8) L'anti-héroïsme : quand la qualité devient une propriété du système

 




Série "Ce que les colonies de fourmis enseignent à l'agilité"


Six articles pour démonter une illusion : l'auto-organisation ne se décrète pas.

Sans dispositifs explicites, les organisations dérivent vers le noyau actif (40% portent 80%), le free-riding (passagers clandestins), et l'effondrement du bien commun.

Les six premiers articles ont posé le diagnostic :

  • Article 1-2 : Le syndrome du noyau actif existe. Les prothèses cognitives sont nécessaires.
  • Article 3-4 : Les silos rigidifient. Le leadership distribué fonctionne quand chacun sait quoi faire.
  • Article 5-6 : Le PI Planning s'effondre sans dispositifs anti-free-riding. On peut diagnostiquer un train avec 4 seuils pathologiques.

La question qui reste : OK pour la coordination. OK pour l'alignement. Mais qu'en est-il de la fiabilité ?

Quand vous mettez en production, qui garantit la qualité ? La sécurité ? La stabilité ?

Réponse honnête dans beaucoup d'organisations : 2-3 héros qui rattrapent tout à la fin.

C'est exactement le syndrome du noyau actif appliqué à la release.

03 décembre 2025

(6/8) Diagnostiquer un train agile avec le modèle de seuils

 Série "Ce que les colonies de fourmis enseignent à l'agilité"




Dans les cinq premiers articles de cette série, j'ai exploré comment les fourmis s'organisent collectivement : le syndrome du noyau actif, les prothèses cognitives nécessaires à l'auto-organisation, le passage des castes fixes aux rôles flexibles, le leadership distribué, et le PI Planning comme jeu de biens publics.

Aujourd'hui, je propose d'appliquer le modèle de seuils à un usage pratique : diagnostiquer un train agile avant qu'il ne casse.

Parce qu'un RTE qui attend les symptômes (burnout, vélocité qui s'effondre, turnover) arrive trop tard.

01 décembre 2025

(5/8) Le PI Planning comme jeu de biens publics : pourquoi le collectif peut s'effondrer

Série "Ce que les colonies de fourmis enseignent à l'agilité" 

Dans les trois premiers articles de cette série, j'ai exploré comment les fourmis s'organisent collectivement : le syndrome du noyau actif, les prothèses cognitives, le passage des castes fixes aux rôles flexibles.

Aujourd'hui, je m'intéresse à un autre phénomène : comment une colonie gère les "passagers clandestins", ces individus qui profitent du travail collectif sans y contribuer.

Et vous allez voir que c'est le problème central de nos PI Planning.

26 novembre 2025

(4/8) La reine ne commande rien : ce que les colonies enseignent au leadership moderne



Dans une colonie de fourmis, la reine ne commande rien. Elle ne tient pas de réunions. Elle ne fixe pas d'objectifs. Elle n'arbitre pas. Elle ne vérifie rien.

Pourtant, la colonie fonctionne. Des milliers d'individus s'organisent, se spécialisent, collaborent. Le nid est entretenu. La nourriture récoltée. Les larves nourries. Les menaces repoussées.

Pas de chef. Pas de plan. Pas de CODIR.

Juste une organisation distribuée.

Dans nos trains agiles, combien de leaders pensent encore devoir tout piloter ?

22 novembre 2025

(3/8) Vos équipes sont-elles des Atta ou des Pogonomyrmex ? De component teams à feature teams

 




Dans les deux premiers articles de cette série(article 1 et article 2), j'ai exploré le comportement des fourmis monomorphes, celles où tous les individus ont la même morphologie. J'ai montré comment le syndrome du noyau actif émerge naturellement dans les grands groupes et pourquoi l'auto-organisation humaine nécessite des "prothèses cognitives" que les fourmis possèdent biologiquement.

Aujourd'hui, je m'intéresse à un autre modèle biologique : les fourmis polymorphes. Celles dont les rôles sont déterminés génétiquement, à la naissance, de manière irréversible.

Et c'est précisément ce modèle que nous avons reproduit artificiellement dans nos organisations.

18 novembre 2025

(2/8) Auto-organisation : pourquoi vos équipes ont besoin de prothèses cognitives





Dans le premier article de cette série (Le syndrome du noyau actif : ce que les fourmis nous apprennent sur les trains agiles), j'ai formalisé le "syndrome du noyau actif" :  ce phénomène où 3-4 équipes portent 80% de la charge dans un ART, pendant que les  autres restent en retrait. J'ai montré que ce n'est pas un bug mais une propriété  statistique des systèmes complexes, observables aussi bien chez les fourmis que dans  nos organisations.

Aujourd'hui, on pousse l'analyse plus loin. Parce qu'un aspect frappe immédiatement : les fourmis n'ont ni chef, ni manager, ni réunion de planification. Pourtant, elles s'auto-organisent avec une efficacité redoutable.

Pourquoi ce modèle fonctionne si bien chez elles et nécessite tant de dispositifs chez nous ?

Ce que les fourmis perçoivent : un monde de signaux, d’alertes, de seuils

16 novembre 2025

(1/8) Le syndrome du noyau actif : ce que les fourmis nous apprennent sur les déséquilibres dans un Train SAFe





Dans tous les Trains Agiles SAFe (ART) que j'ai accompagnés, le même constat revient : 3 ou 4 équipes portent 80 % de la charge, pendant que les autres semblent moins actifs. Pendant longtemps, j'ai cru que c'était une question de motivation, de compétence ou de culture d'équipe. Jusqu'à ce que je découvre des schémas recurrents de transformation en transformation. Ces observations sont confortées par les travaux d'une biologiste qui étudie les fourmis du désert depuis trente ans.

09 octobre 2025

Manifeste cartésien pour les projets d'Intelligence Artificielle

 

Inspiré du rationalisme de Descartes, de la méthode scientifique de Claude Bernard, et de l'esprit du Manifeste Agile


Préambule

À l'heure où l'Intelligence Artificielle promet de révolutionner nos organisations, nous observons trop de projets menés dans l'enthousiasme irrationnel, la précipitation technologique et le manque de rigueur méthodologique.

Face à cette frénésie, nous proposons un retour aux fondamentaux de la pensée rationnelle et de la méthode expérimentale pour construire des systèmes d'IA robustes, éthiques et véritablement utiles.


Les quatre principes directeurs

1. Le Doute méthodique avant l'adhésion aveugle

"Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle" - Descartes

04 septembre 2025

Étude du MIT : ChatGPT accélère, mais à quel prix ?






On le sait tous : ChatGPT, fait gagner un temps fou. Rédiger une note, un mail, un plan de réunion… ça tombe tout seul. On se dit qu’on est plus efficace, plus rapide, presque augmenté.

Mais le MIT vient de jeter un pavé dans la mare. Une étude publiée (Your Brain on ChatGPT: Accumulation of Cognitive Debt when Using an AI Assistant for Essay Writing Task - lien vers l'etude en fin de cet article) en juin 2025 s’est posée la question qu’on n’ose jamais vraiment poser : qu’est-ce qui se passe dans notre tête quand on délègue à l’IA ? Et la réponse pique un peu.


Une expérience grandeur nature

Le protocole est simple. 54 étudiants, trois groupes :

  • ceux qui écrivent avec ChatGPT,
  • ceux qui utilisent Google,
  • et ceux qui écrivent à l’ancienne, juste avec leur cerveau.

Chacun rédige plusieurs essais pendant qu’on mesure leur activité cérébrale avec des capteurs (électroencéphalographie, pour être précis). Ensuite, on teste leur mémoire, leur capacité à se rappeler ce qu’ils viennent d’écrire, et on leur demande aussi : "Cet essai, c’est bien le vôtre ?"

19 août 2025

Product Owners : j’ai livré un produit digital estimé à 30k€, seul avec deux agents IA, en 48h.




Ce que vous allez lire n’est pas une démonstration de plus sur les IA génératives. Ce n’est pas non plus un “site réalisé avec GPT” pour impressionner LinkedIn. C’est un retour d’expérience opérationnel, documenté, sans filtre — sur ce qu’implique réellement l’usage intensif de deux IA en tandem, dans une logique de delivery piloté produit.

1. Pourquoi une deuxième tentative ?

J’ai déjà raconté dans un premier article ma première tentative de refonte du site de Knowledge Ladder Academy avec MiniMax seul.

À l’époque, j’étais enthousiaste. MiniMax propose une interface visuelle fluide, l’impression qu’on peut dialoguer avec une IA designer/développeur comme on brieferait un freelance. L’agent générateur produit rapidement une arborescence, du code, des composants, des maquettes IA... Mais la réalité est plus contrastée.

09 août 2025

AIM - La méthode projet conçu par la machine au service des équipes

AIM - La méthode conçu par la machine au service de l'humanité

 

Les Composants de la Méthode AIM

 

PARTIE 1 : LE SOCLE

  • La raison d’être : l’Humain au service de l’IA et l’IA au service de l’Humain
  • La philosophie : Un pragmatisme radical pour l'IA en entreprise
  • La Vision : Aligner les équipes et l'IA pour une performance maximale.


PARTIE 2 : LES FLUX ET LES MOUVEMENTS

  • Le Langage commun : Un vocabulaire métier unique et partagé, du code aux conversations.
  • Le Service mesurable : Une IA conçue comme un service fiable avec des objectifs de qualité clairs.
  • La dynamique d'équipe : Des interactions adaptées aux profils de chacun pour une meilleure collaboration.
  • Le protocole : Les règles du jeu techniques et humaines qui garantissent la qualité et la cohérence.
  • Les archétypes : Des profils de contribution définis pour positionner chaque talent au bon endroit.
  • Les rituels d'alignement : Des réunions structurées pour synchroniser le travail et l'équipe efficacement.

05 août 2025

Retour d'expérience : Construire un site avec un Agent IA sans se saborder

Introduction

Vous avez un projet web solide (Next.js, Tailwind, TypeScript, Framer Motion) et vous confiez les itérations à un agent IA ? Voici le retour d’expérience : malgré un socle bien posé, chaque demande successive était l’occasion de dérives, bugs ou oublis. Pourquoi ? Parce que sans cadre rigoureux et prompts précis, l’agent perd le cap. Voici les enseignements à garder.

Sommaire

1. Le décor : un site à faire évoluer sans fin